Regard des autres

Devenir parents, lorsque le regard des autres change : les voisins

Dans notre petite rue, dans notre petit lotissement, Damned Dad et moi avons été longtemps des extra-terrestres. Même si au départ il y avait de nombreux nullipares, jusqu’à il y a 5 mois, nous n’étions plus que deux couples sans enfant. Nous avions pourtant tout fait dans l’ordre : une rencontre, un aménagement, un mariage et enfin la construction d’une maison.

Cette maison n’a pas de petite barrière blanche, juste des dragons dans un jardin de cailloux colorés (parce que j’aime bien me démarquer). On se souvient d’elle pour son  jardin et aussi pour son labrador noir bien potelé qui y prend le soleil régulièrement. Quant à ses propriétaires, il y a lui qui est pompier et elle qui est aussi potelée que son chien et un peu excentrique (parce que j’aime bien me démarquer, c’est bien tu as suivi). Ils sont bizarres parce qu’ils n’ont pas d’enfant.

Soyons réalistes, c’est bien ce que la majorité devait se dire. A part quelques personnes avec qui il nous arrive de discuter de la pluie et du beau temps et encore moins de voisins avec qui on a assez de contacts pour dire que l’on s’entend bien, les autres ne nous parlaient pas vraiment. Voir nous évitaient pour certains. Ils disaient bonjour par la force des choses le jour de la fête des voisins.

Et puis tout a changé en novembre. Peu étaient au courant de ma grossesse qui ne s’est pas beaucoup remarquée. Mais ensuite on a commencé à nous voir nous promener avec la poussette, notre nouveau statut de primipares commençant donc à se savoir.

J’ai été plus que surprise que certains accostent Damned Dad pour le féliciter. Allant jusqu’à taper la causette avec lui. Ça m’a bien fait rigoler.

Il y a quelques jours, nous avons même discuté une bonne heure avec une voisine qui ne nous avait jamais adressé la parole. Demandant comment ça se passe avec Little Prince, si il fait ses nuits etc. Pourquoi notre vie intéresse les gens maintenant ?

On n’a pas changé, on est toujours les mêmes, on a juste un petit garçon. Ce n’est pas comme si il n’y avait pas régulièrement des enfants chez nous ou que notre chienne n’était pas la mascotte du quartier pendant longtemps. Les gamins venaient sonner pour la promener, on en n’a jamais mangé aucun… Et nous n’avons jamais engueulé ceux qui balançaient leur ballon dans notre jardin ou des papiers de bonbons/cartes Pokemon/gâteaux…

Mais visiblement maintenant nous avons beaucoup plus de légitimité à vivre dans notre quartier. Je sais que parmi mes voisins il en restera toujours quelques uns qui continueront à nous éviter. On a des chats hein, tu imagines, des chats, la plaie ! J’attends juste impatiemment que Little Prince mette à son tour le dawa dans le quartier :D.